Méthode

Le Score Idonis de solidité : la méthode

Comment la note de A à E est calculée à partir des comptes déposés : les cinq composantes et leurs poids, ce qui plafonne une note, les comptes abrégés, les sociétés trop jeunes, et ses limites.

Des comptes annuels, ce sont des dizaines de rubriques sur plusieurs exercices. Le Score Idonis de solidité les condense en une note pour vous dire où regarder en premier. Il ne remplace pas votre lecture : sur la fiche d'une société, dans l'application, chaque composante affiche la valeur qui l'a produite, son exercice et son poids. Cette page décrit la règle telle qu'elle est appliquée, sans rien omettre d'important.

Ce que mesure le score

Cinq chiffres du dernier exercice déposé, chacun ramené sur une échelle de 0 à 1 entre deux bornes : en dessous de la borne basse, la composante vaut 0 ; au-dessus de la borne haute, elle vaut 1 ; entre les deux, elle progresse en ligne droite.

  • Solvabilité — 35 % : capitaux propres ÷ total du bilan. 0 à 5 %, plein à 50 %.
  • Liquidité — 20 % : stocks, créances à un an, placements et trésorerie ÷ dettes à un an. 0 à 0,7, plein à 1,5.
  • Couverture des charges financières — 20 % : résultat d'exploitation et produits financiers ÷ charges financières. 0 à 1 fois, plein à 6 fois.
  • Rentabilité — 15 % : le résultat de l'exercice est-il positif ? Oui ou non.
  • Endettement — 10 % : dettes ÷ total du bilan, où moins vaut mieux. 0 à 85 %, plein à 40 %.

Le score est la moyenne pondérée de ces composantes. Si l'une ne peut pas être calculée — une société sans charges financières n'a pas de couverture à mesurer —, elle est retirée et les poids des autres sont recalculés : un chiffre absent n'est jamais remplacé par une supposition.

35 % Solvabilité 20 % Liquidité 20 % Couverture 15 % Rentabilité 10 % Endettement A 4 B 3 C 2 D 1 E 0 5 fragile à surveiller solide 1,65 3,30
En haut, le poids de chaque composante. En bas, la note sur 5, ses lettres et les deux seuils du verdict.

De la note au verdict

Le score s'affiche sur 5. La lettre suit des bandes fixes : A à partir de 4, B à partir de 3, C à partir de 2, D à partir de 1, E en dessous. Le mot, plus large, suit deux seuils : solide à partir de 66 % du maximum, à surveiller à partir de 33 %, fragile en dessous. Les mêmes bornes valent pour toutes les sociétés : la note est absolue. La position d'une société dans son secteur est montrée à côté, jamais mélangée à la note.

Ce qui plafonne une note

Certains faits publiés disent quelque chose que les ratios ne disent pas. Ils plafonnent la note, et la fiche indique lequel s'applique et quelle lettre les ratios seuls auraient donnée.

ProcédureE, fragileDissolution, liquidation, réorganisation judiciaire ou faillite, inscrite au registre ou publiée au Moniteur belge. Elle prime sur tout le reste.
Comptes non déposés« à surveiller », CLe dernier exercice échu n'est pas déposé 90 jours après l'échéance légale (sept mois après la clôture). Le retard est signalé dès le premier jour ; le plafond attend 90 jours, parce qu'une grande partie des dépôts tardifs arrive dans ce délai.
Adresse partagée« à surveiller », C — ou BAu moins 50 sociétés actives à la même adresse et au plus un salarié : même plafond que des comptes non déposés. À partir de 20 sociétés à la même adresse, la note A n'est pas donnée.

Hors procédure, ces plafonds n'aggravent pas une note déjà prudente : ils empêchent d'afficher « solide » — et une lettre au-dessus de C — quand un fait publié s'y oppose. Les banques et les entreprises d'assurance, dont le bilan ne se lit pas comme celui d'une entreprise ordinaire, ne reçoivent pas de score : la fiche l'indique.

Les cas particuliers, et ce qu'ils changent

  • Comptes abrégés ou micro. Le calcul est le même, sur les rubriques publiées. Ces schémas divulguent moins : la fiche affiche une confiance limitée, avec sa raison. Même chose quand les chiffres ont été extraits d'un PDF scanné, quand le bilan extrait ne s'équilibre pas, ou quand les derniers comptes ont 3 ans ou plus.
  • Sociétés trop jeunes. Sans comptes déposés, il n'y a pas de score. Une jeune société (4 ans au plus), petite, indépendante et en pertes, mais dont les capitaux propres augmentent grâce à de nouveaux apports, reçoit une étiquette « amorçage » qui remet ses pertes en contexte. La note, elle, ne change pas.
  • Immobilier et actifs lourds. Pour les sociétés immobilières et celles dont les immobilisations corporelles font au moins 80 % de l'actif, la dette est adossée à des biens : le seuil où la composante endettement tombe à 0 passe de 85 % à 90 %. Ce réglage a été vérifié sur l'historique des sociétés belges.
  • Holdings et groupes. Une holding dont les produits financiers font au moins 75 % de la base de couverture n'a pas de cycle d'exploitation : la liquidité est retirée du calcul. Quand une part importante des dettes est due à des entreprises liées, la solvabilité et l'endettement sont lus en traitant cette dette comme quasi-fonds propres ; les valeurs brutes restent affichées.

Publié, calculé, estimé

Idonis distingue trois registres. Un montant publié est tel qu'il figure dans les comptes déposés. Un ratio calculé en est dérivé par une formule fixe, montrée sur la fiche. Un chiffre estimé — par exemple un chiffre d'affaires que le schéma abrégé ne publie pas — vient d'un modèle et porte une fourchette et son étiquette. Le score n'utilise que des montants publiés et des ratios calculés : aucune estimation n'y entre.

Quand la note est recalculée

La note est recalculée dès qu'un fait qui la compose change dans les données d'Idonis : un nouveau dépôt de comptes, un changement de situation au registre, une publication au Moniteur, un changement d'adresse. Elle l'est aussi le jour où une échéance de dépôt passe sans dépôt. Elle porte toujours l'exercice sur lequel elle se fonde : des comptes clôturés il y a quinze mois décrivent la société d'il y a quinze mois.

Ses limites

Le score n'est pas une prévision, et il ne dit pas si une société paiera une facture donnée. C'est une lecture automatique de comptes publiés, avec leurs délais : il ne voit ni les événements postérieurs à la clôture, ni ce que la société n'a pas à publier. Une note basse n'est pas un jugement sur la société ou ses dirigeants ; une note haute ne remplace pas le contrat, les garanties ni votre propre lecture. Les chiffres qui la fondent sont sur la fiche : refaites le calcul, et contestez-le si un chiffre vous paraît faux.

Avec Idonis

La note, et chaque chiffre qui la fonde

Sur la fiche d'une société, chaque composante montre sa valeur, son exercice et son poids : vous pouvez refaire le calcul.

Sources des chiffres : comptes annuels déposés (BNB — Centrale des bilans), registre des entreprises (BCE), Moniteur belge — données retraitées par Idonis. Cette page décrit une méthode ; elle n'est pas un conseil pour un cas particulier.